En début mai, l’Aviation Press Club (APC) a choisi Jean-Jacques Cloquet (CEO de Charleroi Airport) pour recevoir le prix de  « MOTY–Man Of The Year » 2018.

Après Marcel Buelens, aujourd’hui aux commandes des aéroports d’Anvers et d’Ostende, c’est donc notre superbusinessman, JJ Cloquet, qui est encore une fois reconnu pour ses compétences exceptionnelles.

Un parcours impressionnant

Aujourd’hui à la tête du second aéroport du pays (7.698.767 passagers transportés en 2017), ingénieur civil de formation (Faculté polytechnique de Mons) Jean-Jacques Cloquet débute sa carrière au sein de l’entreprise chimique Solvay comme ingénieur de production.

Pendant les 20 ans passés au sein de cette multinationale, il deviendra directeur de l’unité opérationnelle Benelux et directeur européen pour la promotion du PVC.

Durant ses études universitaires à Mons JJ Cloquet fut également joueur de football professionnel évoluant en équipe première. Il reviendra d’ailleurs plus tard au stade du Royal Sporting Club de Charleroi, notamment comme manager général. 

En 2007 il est appelé comme consultant par les dirigeants de BSCA pour y développer les revenus « non-aviation ».

Après avoir été directeur des ressources humaines, en 2009 il prend les  fonctions de directeur général faisant fonction. 

Sur proposition du gouvernement wallon, Jean-Jacques Cloquet est désigné administrateur délégué de Charleroi Airport en décembre 2010.

Comment gérer un aéroport en bon père de famille

« Avant toute chose, il a fallu comprendre le modèle, apprendre à connaître les clients et puis, avec les équipes, gérer la croissance. En 2008, on avait 27 destinations. On en a quasiment 190 aujourd’hui. 

Actuellement, on est à plus ou moins 3.000 emplois : 650 emplois au sein de ma société directe, environ 400 personnes qui contrôlent les passagers, et puis tous les employés des magasins et des services annexes à l’aéroport. Si l’on ajoute encore le personnel des hôtels liés indirectement à l’aéroport, etc., on est aux alentours de 5.000 emplois.

J’anime l’équipe de direction, tout en sachant que les compétences sont réparties entre quatre personnes. En sachant qu’un ingénieur n’a pas forcément la vocation d’un manager. Mais, j’ai toujours eu en moi cet esprit d’ouverture et un certain sens commercial. En fait l’ingénieur doit décortiquer les problèmes qu’on lui soumet et les résoudre en allant chercher des expertises. C’est cette notion d’analyse de problème et de débrouille que m’a procuré ma formation. Elle m’a aidé tout au long de mon parcours. Quand je suis rentré à l’aéroport en 2007, je ne connaissais pas la différence entre un bateau et un avion. Alors j’ai appris, je me suis entouré. Ma façon de travailler a toujours été inspirée de mon expérience de joueur de foot professionnel. Certains de mes coéquipiers ne savaient ni lire ni écrire, mais ils nous faisaient gagner des matchs. Le travail en équipe a toujours été mon idée. Même CEO de l’aéroport, je ne suis qu’une pièce du puzzle, c’est ensemble qu’on réussit.

À noter aussi que nous sommes un des rares aéroports à quasiment tout gérer en interne. Cette façon de travailler exige une grande rigueur et énormément de professionnalisme, mais elle nous permet également d’être extrêmement réactifs et agiles. » 

Son secret de manageur 

«  Tout ce que je demande, c’est le respect mutuel. Chacun a sa place dans l’entreprise. Mon rôle s’apparente à celui d’un entraîneur d’une équipe de sport. La moyenne d’âge de mes employés est de 32 ans. Ce que je souhaite pour eux, c’est la pérennité de l’activité. On a plusieurs fois dû faire face à des situations difficiles qui nous ont fait du tort. Chaque fois, tout le monde a cru que c’était la fin du monde. Je disais « non, on se relève les manches et on se bat ». On s’est battu et on a réussi. Il faut toujours continuer à faire des efforts. On est dans un milieu concurrentiel, ce n’est pas facile tous les jours, il faut être compétitif. »

Quand je serai grand, je serai…

« Quand j’étais petit, je rêvais d’être fermier, un métier merveilleux. Ces derniers temps, je me suis imaginé metteur en scène. Réaliser une comédie musicale me plairait beaucoup. Ou bien être responsable d’un club de vacances, dans un bel hôtel au bord de la mer. »

De l’Irlande à la Chine ! 

Le développement du « low-cost » a été le principal moteur du succès de BSCA avec, en particulier, l’installation de Ryanair qui a fait de Charleroi sa première base continentale. Si la compagnie irlandaise reste aujourd’hui encore en position largement dominante, BSCA est parvenu, au prix d’efforts immenses, à attirer d’autres acteurs, dont Wizz Air, Air Corsica, Pegasus Airlines, TUIfly, Belavia… Et 2018 marquera un nouveau chapitre de l’histoire de l’aéroport avec l’arrivée de la compagnie aérienne Air Belgium. Pour la première fois, des vols long-courriers à destination d’Hong-Kong et de la Chine vont être proposés, dès ce printemps, aux voyageurs.   

Pour accueillir cette nouvelle compagnie, l’aéroport va devoir à nouveau sensiblement modifier ses infrastructures, une constante dans son développement. La plate-forme aéroportuaire carolo, qui assure aujourd’hui plus de 150 destinations, occupe un peu plus de 650 personnes en emplois directs et quelque 3.000 en totalisant les emplois indirects.

Première base continentale de la low coste Ryanair, Charleroi Airport propose depuis ce 30 avril l’Asie (Chine), avec un partenariat sur le long terme signé récemment entre l’aéroport carolo et la compagnie naissante Air Belgaum. (Voir article en pages intérieures).

Les atouts de BSCA 

Parmi les atouts de l’aéroport, Jean-Jacques Cloquet cite notamment son accessibilité, une dimension essentielle pour toucher le plus de passagers potentiels. « L’extension autoroutière qui reliera à terme Charleroi à Reims va ainsi nous donner accès à quelque trois millions de clients potentiels en plus sur un réservoir actuel de vingt millions de personnes dans une zone d’une à deux heures de trajet par rapport à l’aéroport. » La diversification de l’offre de parking, avec différentes solutions à coûts adaptés — dont le nouveau P4 Foot & Fly —, et l’étendue des services proposés permettant de rendre les départs (plus) agréables contribuent également à son succès.”      

Les derniers chiffres

À noter encore qu’une note positive vient de clôturer le mois de mars pour Brussels South Charleroi Airport. 584.880 passagers ont foulé le tarmac de Charleroi, soit une progression de 8% au regard des résultats de mars 2017. L’an dernier, pour la même période, 541.625 passagers avaient été enregistrés. Les taux de remplissage au cours du mois de mars 2018 avoisinaient les 87%, ce qui représente une hausse de 3% par rapport à 2017.

Les confidences de sa plus proche collaboratrice

Après 10 ans de collaboration avec Jean-Jacques Cloquet, Sara Staoui, Head of Ceo’s Office & Public Relations, sa collaboratrice directe, nous confie : « Jean-Jacques Cloquet est le genre de CEO qui se présente à 4h du matin à l’aéroport et qui salue ou fait la bise à, non seulement son personnel, mais ses concessionnaires et partenaires dont il connaît presque tous les prénoms. 

C’est le genre de patron qui n’hésite pas à relever ses manches et à consacrer son temps à venir partager un moment avec les différents départements tant opérationnels et mécaniques qu’administratifs et à échanger avec eux afin de connaître son personnel en profondeur et d’être conscient de la réalité de terrain. 

Il n’hésite pas à mouiller son maillot, cela est probablement dû à son passé de footballeur professionnel.

En ce qui me concerne personnellement, je ne le remercierai jamais assez de m’avoir donné les ailes qui m’ont permis de m’envoler et de m’épanouir complètement dans mon travail.

Il a la capacité de voir en vous votre potentiel caché et de vous pousser au-delà de vos limites afin de progresser. 

J’ai un immense respect, également, pour son grand cœur et continuerai à déployer tous les efforts nécessaires pour perpétuer son souhait de s’engager auprès des enfants défavorisés en leur offrant un baptême de l’air. Lors de la première édition de ce baptême de l’air,  voir ces enfants qui n’auraient peut-être jamais eu l’occasion de prendre l’avion autrement fut une récompense extraordinaire.  Je n’oublierais jamais non plus un 24 décembre passé à l’aéroport où il est resté à nos côtés pour offrir 800 couscous à des passagers restés bloqués dans le terminal suite à des intempéries.

Il faut également souligner que malgré son engagement envers l’aéroport, sa plus grande fierté reste sa famille pour qui il montre un dévouement sans limites. 

Enfin, je terminerai en ajoutant que son humilité est sans pareil dès lors que c’est son personnel et les partenaires de l’aéroport qu’il peut mettre en avant.

Jean-Jacques Cloquet est un homme qui inspire le respect, tant par ses compétences que par son humanité. »

À noter que Sara Staoui, a été nominée aux Diwan Awards dans la catégorie Femme de l’année 2018. C’est cette jeune femme, qui est unanimement appréciée de tous, pour  son professionnalisme, sa gentillesse et surtout son énergie déployée pour la parfaite organisation des magnifiques galas d’anniversaire de BSCA donnés aux profits d’enfants défavorisés.

Les diverses reconnaissances de Jean-Jacques Cloquet

Jean-Jacques Cloquet clôture en nous confiant : « Ma réussite personnelle c’est modestement de contribuer à la réalisation d’une conjoncture économique permettant à la prochaine génération de s’épanouir au mieux autant dans leur vie professionnelle que privée.

Les diverses reconnaissances reçues pour mon travail je les dois à toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs avec qui j’ai pu travailler dans mes différentes activités.

Sans oublier mon épouse, mes enfants et quelques amis proches qui ont toujours été présents dans les moments les plus difficiles de ma vie et m’ont aidé à traverser les difficultés et surtout à me recentrer sur les vraies valeurs que sont le respect, le courage et agir de la manière la plus juste. »

Jean-Jacques Cloquet a à cœur d’organiser, avec Sara, sa cheville ouvrière, de superbes Galas à l’occasion des anniversaires de BSCA. Et ce, entièrement au profit des enfants défavorisés. Notamment en leur offrant des baptêmes de l’air. 

Chrysline